Les gouttes de la pluie tombent sans cesse à ma fenêtre. Détestable son,
détestable jour… Quand la pluie tombe il n’y a que le désert dans le regard,
que le froid dans le sang, que le temps vide et lent. Gouttes d’adieu, gouttes d’au revoir, larmes
qui coulent tranquilles dans la froideur du soir.
Je me souviens les mauvais courants,
je m’en souviens en écoutant le vent. J’entends ton absence dans ce long temps
noir. Je vois les traces muettes de tes yeux, les traces de la nuit qui y sont
restées à jamais. J’ai compris ton regard d’au revoir, mais pas la tristesse
orageuse de la pluie. J’ai accepté tes orages, mais je refuse ceux du temps.
J’attends ton regard pour m’expliquer enfin le pourquoi de ces larmes qui
touchent tant mon corps que mon visage. Je regrette le soleil d’avant que la
peau ait connu, la tempête des rayons et la chaleur émue de ton sourire, le
monde d’avant où le temps faisait beau.
Mais il pleut encore et encore…Le feu ne brûle plus. Il s’éteint à cause de
ton au revoir, à cause de mon adieu. Les pays de nos corps ne se rencontrent
plus. On est devenus des personnes non grata. Nos relations diplomatiques se
sont rompues. J’ai abandonné le navire de tes appels. Mes cries d’impatience ne
te veulent plus. Rien ne nous sépare plus que l’oubli. Il n’y a pas un chemin
plus long que l’oubli. Pluie incessante, il ne connaît pas le regret, l’oubli
n’a pas la conscience du souvenir. Je n’ai plus la conscience de ton souvenir.
Mais j’ai encore la conscience de ta chaleur. Elle me manque dans les matins
frileux. C’est ce que j’ai compris. J’attendais ta chaleur pour m’expliquer le
froid, ce froid. J’attendais ton regard, le soleil de mes pluies, la caresse de
mes nuits. Jusqu’à toi je n’ai pas connu le froid de l’absence, le pourquoi de
l’au revoir, la distance des chemins.
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